La Maison sur le Nil de Denise Pardo : la critique d’Aldo Cazzullo

La Maison sur le Nil de Denise Pardo : la critique d’Aldo Cazzullo

27 juillet 2023 Non Par Valantine
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Aldo Cazzullo (photo de Carlo Furgeri Gilbert).

Il était une fois le Moyen-Orient, contrairement à ce que Fossati chantait, jouissait d’une grande fortune. Nous sommes allés en Égypte pour interviewer Moubarak ou parler de ses problèmes.

Maintenant, je suis de retour de vacances. Avec un livre dans la valise. Un souvenir tourné vers le passé mais aussi une inspiration pour le futur. La maison sur le Nil (Neri Pozza) de Denis Pardodans son premier roman, il s’agit d’une biographie fictive de sa famille qui vivait au Caire, où elle est elle-même née.

Le livre contient de nombreuses lectures transversales et de nombreuses fascinations. L’histoire d’une capitale et d’une société cosmopolite, avec ses rites, ses cafés, ses grands hôtels, ses maisons sur le Nil, et ses mythes : espions, courtisans, pianistes légendaires, francs-maçons indiens, incontournable des artistes et enseignants du monde. Un véritable modèle d’intégration dans lequel différentes cultures, nationalités et religions coexistaient dans une alchimie paisible et magique.

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Mais aussi l’histoire quotidienne d’une famille aux multiples racines sépharades et ashkénazes, qui devra quitter la lumière du Caire pour se réfugier à Rome. inséré dans le cadre de la grande histoire.

Le règne de Faruq, la Révolution des Officiers Libres, la crise de Suez, la montée en puissance de Gamal Abdel Nasser qui ferme à jamais les portes de l’Egypte aux étrangers. C’est la fin du colonialisme et l’embryon de ce que sera le Moyen-Orient.

« La Maison du Nil » de Denise Pardo (Neri Pozza).

Dans le livre les protagonistes sont avant tout des femmes qui affrontent courageusement les séismes de leur destin. Fanny, la mère de Denise, belle et capable de prendre un risque qui pourrait s’avérer fatal. Kate, l’amie anglaise au centre d’une histoire d’amour tourmentée avec Mohammed Hafez, l’un des conseillers de Nasser.

Bobe, la grand-mère cultivée et viscérale qui parle à sa fille Fanny en yiddish, la langue des secrets pour que personne ne la comprenne.

Mireille Baranes, libanaise chrétien-maronite extrêmement riche, amoureuse du pouvoir, le pouvoir d’influer sur la vie des autres, le seul accordé aux femmes à l’époque bien que l’Égypte ait connu l’un des mouvements féministes les plus importants du siècle dernier.

La maison sur le Nil C’est une belle histoire d’une époque perdue et peu racontée mais très séduisante d’une société kaléidoscopique à l’ombre des pyramides.

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