Giorgio Armani : « Je me sens un peu mal à l’aise car il n’y a clairement aucune comparaison entre les autres marques et ce que je fais. Où est passée la couture parisienne ? »

Giorgio Armani : « Je me sens un peu mal à l’aise car il n’y a clairement aucune comparaison entre les autres marques et ce que je fais. Où est passée la couture parisienne ? »

25 août 2023 Non Par Valantine
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« Et si la prochaine fois que je paraderais Armani Privé à Milan? Qui d’entre vous est d’accord et qui d’entre vous n’est pas d’accord ? Que faire, rester à Paris à côté d’une haute couture qu’on ne peut plus définir comme telle ? Giorgio Armani Il va droit au but et déplace les journalistes avec cette question à bout portant en marge de son émission Privé FW 2023/2024. Elle le fait en présentant une collection qu’elle définit comme la « plus haute couture que j’ai jamais faite », une lectio magistralis de la beauté Armani, dans laquelle créativité et élégance se rencontrent en parfaite synergie. Tout est précieux, extraordinaire au sens le plus littéral du terme. Pas l’Armani « habituel ». Une énergie vibrante imprègne le défilé de mode. Et lorsqu’un mannequin défile enfin dans une somptueuse robe de mariée laquée rouge – point culminant d’un défilé à couper le souffle – le gant tombe. « Je ne vais pas le cacher, je suis déçue des collections haute couture que je vois ici à Paris.», confie la créatrice de manière libératrice. Dans quelques jours, il aura 89 ans, dont soixante-six qu’il a passés entre vêtements et croquis : la mode a été toute sa vie, il avoue qu’elle lui a beaucoup apporté mais il ne peut s’empêcher de constater qu’elle a aussi pris tellement beaucoup de lui. Et il partage franchement ses réflexions avec la presse italienne : « Puisque chacun peut faire ce qu’il veut, Je suis un peu perplexe devant le travail de mes collègues. Je me sens un peu mal à l’aise car il n’y a clairement aucune comparaison entre les créations des autres marques et les vêtements que je fais. Qu’est-il arrivé à la haute couture ? Où est ce glamour, ce charme, qui envahissait jadis Paris et m’a poussé à venir ici ?

C’est en janvier 2005 que Giorgio Armani fait ses débuts sur les podiums parisiens avec sa première collection Privé haute couture. Aujourd’hui, 18 ans plus tard, cette ligne a consolidé une telle identité qu’elle pousse son créateur à envisager une décision drastique : quittez les podiums parisiens où vous ne vous reconnaissez plus, pour défiler dans votre Milan, peut-être dans les salles décorées de fresques de vos palais du XVIIIe siècle. « Bien sûr, le nom de Paris attire la clientèle la plus riche et la plus exclusive du monde entier, mais Je ne peux pas m’empêcher de me demander si tout cela a encore un sens. soit elle est devenue un simple étalage de richesse par des marques, qui mobilisent des centaines de personnes et se disputent les emplacements les plus exclusifs. Tous ça Cela n’a rien à voir avec le vrai luxedit le styliste. Et la question est plus que jamais d’actualité, d’autant plus que cette semaine de la Haute Couture a débuté alors que la France entière était sous le choc des émeutes et émeutes qui ont éclaté après l’assassinat par la police de Nahel, 17 ans, lors d’un contrôle à Nanterre. .

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Giorgio Armani : "Je me sens un peu mal à l'aise car il n'y a clairement aucune comparaison entre les autres marques et ce que je fais. Où est passée la couture parisienne ?" 3

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Giorgio Armani : "Je me sens un peu mal à l'aise car il n'y a clairement aucune comparaison entre les autres marques et ce que je fais. Où est passée la couture parisienne ?" 3

Ici, donc, cette provocation Armani ne peut pas tomber dans l’oreille d’un sourd. Le débat est plus que jamais ouvert, jusque chez les reporters : résister, rester pour affirmer la figure de l’esprit italien dans le temple de la haute couture ? Ou plutôt s’éloigner de ce monde dans lequel on ne se retrouve plus et faire de Milan le coffre de sa haute couture, qu’est-ce sinon le point de rencontre extrême entre la plus haute imagination et le meilleur savoir-faire ? Pour « King » Giorgio, la haute couture est en fait un art privé, au sens de quelque chose de rare, de spécial, un moment de privilège personnel, issu de l’admirable dextérité manuelle des petites mains. Ces mêmes mains habiles qui ont façonné un à un les pétales des roses qui donnent son nom à cette collection, « Le temps des roses ». Le rouge est la couleur phare qui embrase le catwalk : ici, il n’a pas l’écœurement du romantisme, mais la puissance magnétique et charnelle de la cape que les toreros agitent. « Le rouge est exotique, il fait ressortir même la robe la plus banale. Le rouge est la fascination de l’Orient et il m’a aidé à me positionner dans cette collection qui est plus précisément Armani que jamais », souligne le créateur. Et puis le noir, l’or, les cristaux, les velours, les soies et les perles. « Le charme de la Haute Couture se mesure aussi au nombre de perles sur un ruban de tissu… Et le prix doit être justifié par l’exclusivité de la pièce unique», souligne-t-il tandis qu’en coulisses il illustre les détails et les particularités de la confection de chaque vêtement qui compose cette collection monumentale. Petites vestes, jupes longues, pantalons fluides, des silhouettes qui sculptent la silhouette. Et puis les talons hauts, toujours, pour compléter chaque look : fins, élancés et pointus comme les épines d’une rose, en somme. Que ce soit vraiment le dernier défilé Armani Privé que nous ayons vu à Paris, il est trop tôt pour le dire. C’est sûrement dans la haute couture que Giorgio Armani est.